Accessoires pour réaliser des vidéos avec un DSLR : optique, lumière et couleur (II)

Dans le précédent volet de cette série consacrée à la vidéo, on s’intéressait à une série d’accessoires pour améliorer la stabilité et le contrôle de l’appareil photo. L’étape suivante consistera à faire en sorte que ce qui va être filmé se trouve dans des coditions optimales pour sa captation. Et que vous puissiez compter sur les moyens pour réaliser cette captation avec succès. Plusieurs facteurs rentreront en jeu, comme la composition des scènes, les accessoires, les acteurs… Mais parmi ces facteurs, il y a un élément crucial pour pouvoir mener à bien la réalisation : la lumière.

Après tout, qu’est-ce que la photo et la vidéo sans la lumière ? C’est l’outil essentiel. Pas le scénario, ni les acteurs, ni les modèles ni le cadre ni les objectifs. Tout dans cet univers est lumière. D’où la grande importance de savoir la contrôler pour réaliser de grandes vidéos. Cela ne suppose pas seulement de disposer d’accessoires comme ceux qu’on va mentionner ici mais aussi de connaître des endroits avec les sources de lumière dont ils disposent, connaître le comportement de la lumière du soleil pour savoir à quel moment de la journée on peut en tirer le meilleur parti… Les accessoires serviront à garantir la bonne captation de cette lumière, à compléter l’éclairage existant pour profiter d’une meilleure visualisation à partir de l’appareil photo ou encore de produire directement un environnement lumineux artificiel.

Accessoires pour réaliser des vidéos avec un DSLR : optique, lumière et couleur

Objectifs vidéo

On ne peut pas parler de captation de la lumière sans parler d’objectifs. S’il y a bien quelque chose par lequel pèchent de nombreux nouveaux utilisateurs de DSLR pour réaliser des vidéos, c’est d’oublier qu’ils ont dans les mains un appareil photo avec une option vidéo. Par conséquent, leurs objectifs sont avant tout conçus pour réaliser des photos. Qu’est-ce que cela signifie ? Une image fixe : une mise au point parfaite, une profondeur de champ fixe, un éclairage mesuré et fixé… La vidéo, en général, n’a rien à voir avec cela, si bien que certaines marques d’objectifs ont franchi une étape en fabricant des objectifs pour appareil reflex qui prennent davantage en compte les exigences de la vidéo.

Le Canon CN-E 14.5-60 mm T2-6, un objectif pour le cinéma

Un exemple parfait est la famille Irix Cine, à la qualité optique incomparable pour le cinéma et la réalisation vidéo. Les objectifs Irix Cine sont conçus pour filmer à une résolution maximale de 8K UHD, pour réussir des prises de vue super panoramiques (CinemaScope)

La simplicité d’utilisation et la commodité sont essentielles pour le fabricant suisse. Les objectifs Irix Cine rendent l’ensemble compatible et universel. Des poids très similaires, ainsi que des distances égales entre les bagues de mise au point crantées sur tous les objectifs Irix Cine, accélèrent le travail sans besoin de changer de rigs, stabilisateurs, trépieds, etc.

Irix propose également un système de montage magnétique innovant (MMS) pour les accessoires, tels que les pare-soleils ou les caches d’objectifs, entre autres.

 

Obejctfs Irix Cine : 11 mm T4.3, 15 mm T2.6, 21 mm T1.5, 30 mm T1.5, 45 mm T1.5, 150 mm T3.0

Torches LED

Elles sont devenues la solution d’éclairage idéale à toujours avoir sur soi. Elles ne génèrent pas de chaleur, affichent de bons prix, présentent généralement un volume compact… Aussi, il n’y a plus d’excuse pour qu’une vidéo ne soit pas bien éclairée. Il est courant d’en trouver avec une monture à griffe, tout indiquée pour les vidéos de type documentaire ou pour les reportages, et avec un pas de vis 1/4″ pour une utilisation sur des trépieds, sans câbles encombrants, car la plupart d’entre elles fonctionnent à l’aide de batteries ou de piles. Elles disposent aussi de filtres de couleur, comme les filtres orangés pour simuler la lumière incandescente et s’adapter ainsi à différentes conditions lumineuses. Et cela va sans dire que l’éclairage continu est la norme en vidéo, les variations de lumière, à moins de faire partie de la scène ou de la narration, n’ont aucune justification.

Les anneaux de lumière LED sont très souvent utilisés lorsque les sujets ne regardent pas l’objectif ou à l’inverse, pour des vidéoclips ou similaires où l’on veut que le sujet regarde l’objectif pour générer un reflet dans les yeux. L’anneau de lumière LED Godox LR-120P ou 150-P est un bon moyen d’éclairer de cette manière. Il est disponible dans deux tailles différentes et sa luminosiité est réglable sur une plage de 10 à 100% pour profiter de plus ou moins d’intensité.

Un éclairage annulaire qui fait son travail. Vous voyez ?

Un outil très polyvalent en toutes circonstances est le Quadralite RGB SmartStick disponible dans deux tailles différentes : le SmartStick 20 et le SmartStick 36. Sa forme d’épée en fait l’outil parfait pour un contrôle facile à la main et il peut être combiné à d’autres éclairages en mode maître ou esclave. Signalons aussi ses 10 effets spéciaux prédéterminés pour ajouter un effet créatif au moment même de la réalisation, ce qui évite de perdre du temps en post-production.

Plus commune mais destinée à d’autres types d’applications. la torche LED Quadralite Thea 120 fournit un éclairage LED très puissant. Elle s’installe sur la griffe de votre appareil photo (très pratique pour les reportages, les entrevues, etc.)  Sa puissance et sa température de couleur sont réglables, pour un éclairage sur mesure pour chacun de vos travaux.

Quadralite Thea 120 Torche LED
  • Un éclairage de qualité pour vos photos et vidéos
  • Panneau composé de 120 LED
  • Puissance et température de couleur réglables
  • Garantie et support européen, une qualité assurée
  • Très compact et léger pour le placer sur votre appareil
  • Un flux lumineux maximal de 680 Lux
  • Compatible avec la batterie Sony NP-F960

Réflecteurs

Il peut s’avérer difficile de pouvoir compter sur un bon équipement d’éclairage pour des scènes mais à l’aide de réflecteurs, on peut produire de véritables merveilles avec la lumière environnante ou de petits équipements d’éclairage puisqu’ils permettent de remplir les trous, généralement au profit d’un effet même plus naturel qu’avec plusieurs sources de lumière. Il en existe dans de très nombreuses de tailles et formes mais on va se pencher ici sur deux options essentielles : les grands pour une utilisation en extérieurs et les petits pour les intérieurs et les plans fixes.

Les grands réflecteurs sont un outil crucial lorsqu’on travaille en extérieurs puisqu’ils profitent de la lumière du soleil pour donner un grand éclairage uniforme. De la même manière, ils sont très intéressants sur des scènes où il y a du mouvement puisqu’ils constituent une grande source lumineuse qui n’exigera pas de réglages à peine, tandis que le grand faisceau qu’ils transmettent permet de les déplacer sans que cela ne se remarque sur la scène. C’est le cas du diffuseur réflecteur argenté et noir Godox DPU-105BS pour parapluie 105 cm. Il se combine au parapluie de 105 cm de diamètre et dispose d’une double face : argentée pour refléter la lumière, qui s’estompe alors, et noire pour empêcher l’entrée de lumière, pour plus de précision.

Godox DPU-105BS Diffuseur Réflecteur Argenté et Noir pour Parapluie 105cm
  • Pour un parapluie parabolique de 105 cm : 100% compatible
  • Limite la propagation de la lumière : plus de contrôle
  • Reflète la lumiere sur sa partie argentée : estompée
  • La face noire empêche l'entré de lumière, pour plus de précision
  • S'installe très facilement, ne perdez pas de temps

Les petits réflecteurs peuvent être emportés partout. Ils constituent une ressource que vous pouvez toujours avoir sous la main et d’une grande utilité pour les réalisations dans de petits intérieurs ou avec des plans resserrés (premiers plans, conversations). Leur contrôle est idéal pour diriger directement la lumière sur le visage ou sur des éléments précis qu’on souhaite faire ressortir. En l’occurrence, les kits ou les petits réflecteurs à plusieurs faces sont tout indiqués car ils fournissent différents types de lumière pour vous adapter à tous les types d’éclairage en intérieurs : tungstène, halogènes, etc.

Chartes de réglage

Une bonne balance des couleurs est essentielle pour obtenir une bonne image mais également pour partir d’une image neutre avant d’éditer la couleur, quelque chose de crucial pour profiter d’une bonne continuité chromatique après le montage des vidéos. Si l’on permet que l’image conserve des dominantes très fortes : surexposée ou sous-exposée, on limitera énormément les options dans l’édition ou on la rendra plus ardue, alors qu’en partant d’un neutre, on pourra se concentrer sur les retouches de zones et de couleurs de son choix. On va donc se pencher sur deux éléments basiques : la charte de gris neutre et la charte de couleur.

La charte de gris neutre est on ne peut plus connue. Elle permet une bonne mesure pour le contrôle de l’exposition et la balance des blancs. Au cas où vous filmeriez avec un DSLR, la seule chose à faire est, avant de filmer, de placer la charte sur la scène éclairée par les sources de lumière et de vous assurer qu’en mesurant la lumière reflétée avec le flashmètre de votre appareil photo en mesure neutre, une zone gris V. Sinon, réglez l’exposition sur votre appareil photo. De cette manière, vous garantissez que votre appareil expose pour produire une image « naturelle ». Sous-exposer ou surexposer sera  de votre ressort mais le plus souvent conseillé sera de rester dans cette zone-là.

Mais pour la balance des blancs, en vidéo, la charte de couleur est bien plus souvent utilisée, surtout depuis que des logiciels comme Adobe SpeedGrade et DaVinci Resolve identifient les couleurs de la charte et réalisent une balance automatique aux résultats étonnants, etc. qui fluidifie beaucoup le processus d’édition et garantit de bons résultats. Ici, c’est beaucoup plus simple, il suffit de filmer pendant quelques secondes la charte de couleur éclairée par la lumière de la scène au départ pour prendre ces images comme références sur le logiciel. Vous pouvez aussi recourir à la balance des blancs en utilisant une feuille de papier blanc. Mais la charte de couleur, qui dispose de plus de variables (parmi elles : bleu, rouge, vert, jaune, cyan et magenta), permet d’effectuer un réglage plus précis.

Pare-soleils

La fonction des pare-soleils est connue pour empêcher que les rayons de lumière ne frappent directement l’objectif et éviter ainsi les flares et les reflets. Sur les réalisations vidéo, ils présentent une fonction supplémentaire puisque lorsqu’on filme en mouvement, les sources de lumière changent de provenance, par rapport à l’appareil photo, si bien qu’on peut trouver un reflet lorsqu’on s’y attend le moins. Ne vous y méprenez pas, un reflet dont on sait quand et comment il apparaît à l’image, peut s’avérer une retouche expressive géniale mais ici, on parle de planification, aussi on va s’attacher à éviter les reflets qui apparaissent « au hasard ». Par ailleurs, les pare-soleils disposent d’un porte-filtres qui s’avère bien plus simple d’utilisation et qui change des filtres vissables auxquels on est habitué.

Des pare-soleils comme le pare-soleil vidéo Genesis M-box Matte Box sont des choix parfaits pour ces fins-là. D’un côté, il est compatible avec des tas d’objectifs, de différentes tailles, puisqu’il dispose d’une grande ouverture, il est très adaptable. D’autre part, les volets mobiles vous permettent de régler le pare-soleil en fonction de l’angle de vision et de l’impact des rayons, au profit d’un contrôle parfait sur la manière dont la lumière frappe l’objectif.

Genesis M-box Matte Box Pare-soleil vidéo
  • Matte-box pour caméras
  • Compatible avec des objectifs de différentes tailles, très adaptable
  • Se monte très facilement sur des barres de 15 mm
  • Empêche l'apparition de reflets sur vos vidéos, tout en améliorant l'image
  • Un porte-filtres 4x4" inclus pour pouvoir encore mieux contrôler l'image

Filtres ND

Les filtres ND sont une ressource essentielle pour contrôler la lumière en vidéo, du fait que la vitesse d’obturation reste fixe en fonction des IPS (images par seconde) qu’on réalise. Cela limite le contrôle de la lumière vers le diaphragme et la sensibilité du film. Le diaphragme établit la profondeur de champ, un paramètre vidéo sur lequel on aime avoir un contrôle fixe, tandis que la sensibilité du film doit être inchangée pendant toute la réalisation pour conserver une qualité uniforme. Avoir des scènes réalisées à 100 ISO et d’autres à 800 ISO ne donne en effet pas de bons résultats du tout. C’est la raison pour laquelle, de la même manière qu’il est intéressant de pouvoir compter sur de grandes ouvertures pour ne pas manquer du tout de lumière, lorsque celle-ci est abondante, les filtres ND permettent de ne pas épuiser la profondeur de champ en contrôlant la lumière.

L’option la plus polyvalente consiste à acquérir un filtre variable, comme celui dont dispose Gloxy, avec 8 niveaux de réduction de lumière. Ceci étant dit, la meilleure option optique consistera toujours à emporter plusieurs filtres de différentes intensités fixes, chez des marques comme Gloxy, Hoya ou B+W.

Le filtre à densité neutre variable ND2-ND400 Gloxy est par ailleurs un filtre 2 en 1 : il est également polarisant pour éliminer les reflets sur les surfaces non métalliques, tout en renforçant le contraste et la saturation des couleurs à l’image.

Filtre Densité Neutre Variable ND2-ND400 + CPL Gloxy
  • Filtre 2 en 1 indispensable ! ND variable et CPL en même temps
  • Vous pouvez les utiliser ensemble ou séparément, comme vous préférez !
  • Supprimez la quantité de lumière de votre choix avec le filtre ND variable de ND2 à ND400
  • Produisez des effets de mouvement plus créatifs
  • Se contrôle à l'aide de la bague frontale : simple d'utilisation
  • Éliminez les reflets avec le filtre polarisant
  • Réglez la polarisation facilement à l'aide du bouton de réglage
  • En cadre anodisé pour plus de résistance
  • Diamètres disponibles : 52, 55, 58, 62, 67, 72, 77 mm

Filtres créatifs : Cinemorph

Bien qu’on soit dans une époque numérique où l’on peut faire « de tout » avec un ordinateur, l’application d’effets au moment même de la réalisation est généralisée pour qu’elle permette de voir immédiatement l’effet réel, sans compter que cela reste plus naturel qu’un processus de post-production. De plus, il s’avère très difficile d’imiter « l’effet analogique », on peut s’en rapprocher mais ce ne sera jamais la même chose. Parmi ces filtres, on trouve les filtres Vid-Atlantic Cinemorph. Ces filtres installés sur l’objectif génèrent le flare streak (reflet lumineux allongé horizontal) et le bokeh ovale du format cinéma anamorphique. Cette esthétique aussi bien employée dans le cinéma classique que moderne, tire profit des sources de lumière de la scène, si bien qu’il convient d’utiliser un filtre au moment de la réalisation pour vérifier quel est le comportement naturel de ces lumières. De fait, la complexité de ce filtre pour obtenir de bons résultats repose sur le fait de savoir très bien planifier l’éclairage pour que l’effet se produise là où on le souhaite et de la manière dont on le souhaite, lorsque la lumière frappe l’objectif.

Ils présentent trois fonctions : le filtre à effet bokeh, le filtre avec le flare streak et le filtre avec les deux effets réunis.

Voir les filtres vidéo

Lumière sur la planification

Par chance pour nous, la lumière est tres malléable, on dispose de centaines de ressources pour pouvoir jouer dessus. Nous avons tous improvisé des réflecteurs et des éclairages de toutes sortes d’objets, que ce soit pour expérimenter ou pour donner la touche finale à une prise. Mais c’est comme tout, s’il y a bien quelque chose d’essentiel pour obtenir un bon éclairage, c’est la planification. Sur des plans fixes, il suffira de préparer le set en faisant plusieurs tests, jusqu’à trouver l’éclairage qui plaît le plus. Pour les plans en mouvement, testez tout : déplacez le protagoniste, pensez à une marge d’erreur du mouvement, indiquez des repères au sol, faites des notes…. Apprenez à soigner ces détails et aucune image ne vous résistera. Les plans avec leur image cherchent à améliorer la narration de l’histoire, avec toutes les connotations visuelles qu’ils impliquent. Un plan bien éclairé et bien filmé parle de lui-même, avec une vidéo améliorée et une histoire qui absorbe le spectateur.

Dans le troisième et dernier volet de cette série consacrée aux accessoires vidéo, on abordera un sujet tabou pour les photographes et d’une certaine manière, pour les vidéastes aussi : le son.

Photo principale : How To Film School

Texte original (traduit de l’espagnol) : Daniel García García

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