Irix 11 mm f/4 : test complet et impressions

Cela fait déjà un an que j’ai acheté mon premier objectif Irix, le 15 mm, et je me réjouis chaque jour encore plus de l’avoir fait. Quand j’ai su que l’Irix 11 mm f/4 était sur le marché et vu la qualité optimale du 15 mm, je ne me suis pas posé la question deux fois et je suis parti l’acheter. Quelques mois sont passés et après l’avoir testé quotidiennement, je ne peux qu’être très satisfait de ce joyau de la marque suisse. Dès que je sors dans la rue, j’en profite pour l’emmener avec moi et prendre des photos.

Irix 11 mm f/4: test complet et impressions

Lorsque j’ai écrit mon article il y a plus d’un an sur le modèle d’Irix 15 mm, je vous ai parlé un peu de l’histoire de cette nouvelle marque qui venait de surgir sur le marché international de la photographie. Aujourd’hui, on peut dire que le fabricant suisse s’est imposé sur le marché et qu’en plus d’avoir fait ses preuves, il a donné une garantie de satisfaction totale aux clients, tout en sortant régulièrement de nouveaux produits comme les filtres Edge, les filtres gélatine, etc.

Tout ceci nous fait remarquer qu’Irix est une marque qui arrive sur le marché photographique avec des produits de grande qualité à des prix très raisonnables et bien garantis par ses distributeurs.

Quand j’ai vu les premiers articles et photos d’essai de cet objectif, j’ai été surpris de l’impressionnant angle de vision qu’il offre et surtout de l’absence quasi totale de déformations géométriques pour un si grand angle. J’étais aux anges.

J’en profite pour expliquer aux photographes qui sont en train de débuter dans le monde de la photographie qu’ils doivent faire la différence entre les déformations géométriques qui font que les lignes droites se voient courbées sur nos photos et ces déformations de « perspective » qui surgissent seulement si l’on incline l’appareil photo et qui sont dues au plan du cadre produisant la convergence typique des lignes. Les premières sont un défaut d’optique, dû à un mauvais design ou du moins pas très juste, tandis que les secondes sont dues aux lois de l’optique qui seulement peuvent se résoudre avec des objectifs à décentrement ou avec des appareils photo à bande optique.

Une fois cela expliqué, il faut dire que sur les photos de l’Irix 11 mm toutes les lignes droites apparaissent totalement rectilignes. On remarque seulement que les lignes verticales collées aux extrémités, à droite comme à gauche, sont un peu courbées comme on le voit sur le graphique de distorsion ci-dessous. Mais en pratique, rien ne se voit à l’oeil nu.

 

 

Nous avons en plus la possibilité de télécharger les profils d’objectifs pour Lightroom directement sur la page web d’Irix et de corriger la légère déformation de manière instantanée. Concernant la convergence des lignes, ceci est une autre histoire. On peut la corriger « facilement » en cadrant correctement ou avec le software correspondant.

 

 

 

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Pourquoi un objectif ultra grand angle ?

Quand j’ai décidé d’acheter l’Irix 11 mm, je me suis demandé si les focales du 11 et du 15 mm seraient très similaires et s’ils allaient faire doublon. Finalement, pas du tout. Bien qu’il n’y ait seulement que quatre millimètres de différence, un monde les sépare au niveau de l’angle du cadre.

J’avais déjà eu l’expérience similaire lorsque j’ai complété mon équipement avec le 15 mm, étant donné que j’avais déjà un 20 mm d’un autre fabricant. Mais la différence fut tout aussi importante au niveau de la quantité de paysage qui « entrait » dans le cadre.

En premier lieu, nous devons faire la différence entre l’usage du Full Frame (EF chez Canon ou FX chez Nikon, etc) et sur les appareils photo au capteur plus compact (EF-S chez Canon ou DX chez Nikon, etc).

Sur les appareils photo aux capteurs plus compacts avec un facteur approximatif de 1.5X, cet objectif équivaudrait (faites attention au sujet des équivalences de focales pour lesquelles il y a encore des doutes) à peu près à un 16 mm qui est une option idéale pour tous ces photographes qui souhaitent avoir un objectif grand angle, tout en ayant un magnifique angle de vision. En utilisant seulement la partie intérieure de l’objectif, la qualité serait la meilleure possible et nous obtiendrions quelques images superbes avec une définition incroyable, une netteté impeccable et aucune aberration chromatique (nous parlerons ensuite de ces caractéristiques, car en réalité les aberrations chromatiques sont nulles sur tout l’objectif, qu’il soit APS-C ou FF).

« Depuis le bord du quai, très peu d’objectifs permettent de faire entrer tout le Canoë Punta Umbría »

Pour les appareils photo Full Frame, l’utilisation d’un 11 mm vous offre des angles de vision incroyables, non seulement pour les paysages mais aussi en architecture. Il vous permet de cadrer sur la photo une quantité de détails qui surprend. Et tout ceci, comme nous l’avons commenté avant, sans grandes déformations. Le capteur Full Frame tire profit au maximum de l’objectif même au niveau des extrêmités mais comme ils sont de grande qualité, on aura à peine de pertes de résolution ou de netteté, vignettage, etc.

Autre domaine intéressant pour utiliser l’Irix 11 mm f/4 : la photographie ou la vidéo de sports. Son large champ de vision vous permet de capter en un seul cliché toutes les figures des skateurs, les sauts des athlètes et les descentes de montagne des bikers, etc.

Cependant, malgré l’amplitude spectaculaire de la prise de vue, ce n’est pas un objectif en rien « radical », c’est-à-dire que ce n’est pas le fish eye typique qui génère des images attractives mais en réalité peu utiles. Les images que produit l’Irix 11 mm sont toujours élégantes grâce à ses lignes droites. D’un point de vue artistique, elles sont plus intéressantes qu’un fish eye avec ses angles arrondis.

Un diaphragme à grande ouverture : f/4

Certains trouveront étrange cette affirmation car ils considèrent qu’un f/4 n’est pas une grande ouverture et qu’une grande ouverture serait de f/1,4 ou f/1,2. Mais nous parlons d’un 11 mm avec une construction optique assez complète, rien à voir avec un 50 mm. En plus pour le type de photo que nous allons réaliser, nous n’aurons pas besoin d’une plus grande ouverture, et même la plupart du temps, nous utiliserons une plus petite.

Cet objectif ultra grand angle servira en grande partie pour les paysages et l’architecture. La plupart du temps, nous aurons besoin de grandes profondeurs de champ afin que tout soit net sur notre image, et donc dans 90% des cas, nous utiliserons des ouvertures intermédiaires de f/8 à f/16.

Nous chercherons la plus grande définition et netteté, ce qui nous amènera à prendre nos photos avec un trépied tout en bloquant le miroir. On pourra même utiliser un déclencheur à distance afin de pouvoir travailler avec des vitesses relativement basses.

Même à main levé, avec cet objectif de 11 mm, nous allons pouvoir prendre des photos à une vitesse relativement basse, autour de 1/10 ou 1/15 quasi sans vibration.

“Photographie prise à main levée à 1/13 s avec F8 ISO 100” 

De nos jours, nos appareils photo ont des capteurs si performants que nous pouvons augmenter facilement les ISO sans perdre pratiquement aucune définition et avec un bruit peu prononcé.

“Photo prise à main levée à1/13 F4 ISO 1600” 

Utilisation de l’Irix 11 mm f/4  pour les photos nocturnes et pour le ciel étoilé

Pour ce type de photo, il est vrai qu’il sera plus difficile d’utiliser l’ouverture du diaphragme à f/4 puisque si nous augmentons la vitesse d’obturation, les étoiles cesseront d’être des points et se verront comme des tracés. Cependant, avec cette focale si large, il faudra utiliser la fameuse règle du 500. Nous verrons alors comment nous pouvons augmenter le temps d’exposition, tout en continuant d’avoir un ciel rempli d’étoiles.

On va prendre un exemple : dans mon sac, j’ai un Canon EF 24-70 F2, 8L et l’Irix 11 mm. Nous allons supposer qu’ils sont pareils optiquement, bien que nous sachions déjà que les objectifs fixes ont plus de résolution que les zooms, mais il est vrai que le Canon est une version haut de gamme.

On va prendre une photo du ciel étoilé avec les deux objectifs et en utilisant le même boîtier, celui du Canon 6D.

Avec le 24-70 à 24 mm et f/2.8, on obtiendra en appliquant la loi du 500 un temps d’exposition de 500/24 = 20 secondes. Nous complèterons après l’exposition avec l’ISO correspondant.

Avec l’Irix 11 mm à f/4, en employant de nouveau la loi du 500, on aura un temps d’exposition de 500/11 = 45 secondes, et nous ajusterons les ISO après.

Si vous vous fiez à la différence de diaphragme entre un f/2.8 et un f/4, il y a une mesure d’écart, mais si l’on regarde maintenant les temps d’exposition, il y a plus d’une mesure  d’exposition de différence. Ainsi, en utilisant ces valeurs pour obtenir une photo similaire, il sera plus juste d’utiliser l’Irix 11 mm car vous pourrez en plus baisser les ISO.

 

Mais là ne s’arrêtent pas les choses. Avec son incroyable angle de vision, je peux faire rentrer dans le cadre à la fois le ciel, la terre, la mer et tout ce qu’il me manque pour obtenir une belle photo.

En plus, en photographiant à f/4, la distance hyperfocale (qui est en plus marquée sur le corps de l’objectif) va permettre d’avoir un plus grand pourcentage de netteté de la prise de vue qu’en utilisant un objectif f/2.8 ou une ouverture plus grande. Vous obtiendrez non seulement un ciel net mais aussi un « paysage terrestre » bien distinct.

Qualité de construction

Maintenant que nous avons vu les raisons d’acheter un objectif Irix ultra grand angle de 11 mm, bien que l’ouverture soit « seulement » de f/4, ainsi que les arguments faisant de cette option, un choix très intéressant. Nous allons maintenant nous concentrer sur les aspects qui font de cet objectif une merveille, tout en abordant la qualité de la construction.

Vous savez déjà qu’il existe deux versions : le Blackstone et le Firefly. Pour faire la différence entre l’un et l’autre, il est nécessaire de voir ce tableau même s’ils sont similaires optiquement.

Pour faire le choix entre l’un et l’autre, cela dépendra de l’usage que vous souhaitez en faire. Si vous avez l’habitude de prendre des photos dans des ambiances pluvieuses et humides, l’un ou l’autre peut vous intéresser. Si votre usage est conventionnel et sporadique comme photographe passionné, nous vous recommandons la version Firefly pour le prix et le poids. Si vous êtes un photographe professionnel et que vous allez l’utiliser souvent, comme les prix sont beaucoup plus bas que ceux des autres objectifs avec les mêmes caractéristiques (il n’y a pas non plus plusieurs options mais celles qui existent sont très chères), nous vous conseillons la version Blackstone.

Pour ma part, j’ai le modèle Blackstone et le rendu est magnifique, similaire à celui de l’Irix 15 mm mais avec le pare-soleil intégré et non démontable. Ce pare-soleil est beaucoup plus résistant que son frère du 15 mm installé qui reste fixe sur l’objectif et qu’on ne peut remplacer.

A part les éléments étanches, les matériaux utilisés pour concevoir l’Irix 11 mm sont de grande qualité. La sensation de solidité est maximale et encore plus lorsque vous l’avez entre les mains. Bien que ce ne soit pas un équipement qui pèse lourd, on note quand même sa robustesse.

La bague métallique du Blackstone est une merveille et celle en caoutchouc du Firefly n’est pas en reste. Bien qu’elle ne soit pas en métal, elle a un toucher agréable offrant une grande confiance comme celle qui est métallique.

En définitive, la qualité de l’objectif est maximum et difficilement égalable par les autres marques.

 Facilité d’utilisation

Si utiliser le 15 mm est simple, se servir de l’Irix 11 mm l’est encore plus, notamment car l’échelle des hyperfocales est gravée sur la bague de mise au point pour les ouvertures de f/4, f/8, f/11 et f/16. De telle manière que même avec l’ouverture maximale, vous pourrez placer la marque de mise au point de la bague sur celle de l’hyperfocale f/4 et voir comment tout est bien net de l’infini jusqu’à moins de deux mètres de distance. Tout est quasiment net, sauf le premier plan.

Mais si vous voulez centrer la mise au point sur n’importe quel autre élément pour obtenir le plus grand niveau de netteté, vous n’aurez qu’à centrer l’objet sur le point actif de mise au point de votre appareil photo et tourner doucement la bague de mise au point jusqu’à que celui-ci s’éclaire sur l’écran de mise au point et que vous entendiez le bip sonore de confirmation. C’est aussi simple que cela.

Pour les photographies nocturnes, si vous souhaitez obtenir le niveau de mise au point maximum sur les étoiles, c’est tellement simple que vous n’aurez seulement qu’à faire glisser la bague de mise au point jusqu’à ce que vous passiez au-dessus de l’infini, même dans l’obscurité et sans rien voir. Vous entendrez alors un petit clic qui vous indiquera que vous avez fait la mise au point sur l’infini.

Impossible de faire plus simple. Il est difficile de ne pas bien utiliser cet objectif qui est plus facile à manipuler que l’Irix 15 mm.

Souvenez-vous de cet article dans lequel je vous expliquais comment s’utilisait la mise au point manuelle et l’hyperfocale sur les objectifs Irix et similaires.

 Qualité de l’image

La qualité optique de l’objectif est superbe et je peux vous le confirmer car j’ai eu l’opportunité d’utiliser d’autres objectifs de renommée internationale.

Comme avec l’Irix 15 mm, prenez en compte ces trois aspects-clés : netteté et résolution, absence d’aberrations chromatiques et de déformations géométriques ni à l’horizontale ni à la verticale, comme nous l’avons commenté auparavant. Nous analysons une par une ces caractéristiques et nous en ajouterons d’autres qui sont tout aussi importantes.

Netteté et capacité de résolution 

La netteté de l’Irix 11 mm est surprenante, bien qu’on remarque (comme sur presque tous les objectifs) que la partie centrale est plus nette que sur les rebords.

Voici un tableau avec les courbes MTF de l’objectif.

Nous observons sur ce graphique que pour des simples détails la résolution tourne autour de 100 à l’horizontale depuis le centre du capteur jusqu’au coin FF et seulement à partir d’ici, la résolution baisse un peu. Dans le sens vertical, elle se maintient de manière constante entre 100 % et 90% et commence seulement à baisser à partir du coin APS-C mais de manière très douce et progressive.

Sur les courbes à 30 lp/mm, celle qui fait référence à la résolution maximum, nous voyons qu’à l’horizontale, elle se maintient toujours au-dessus de 85% et tombe seulement quand nous sommes près du coin. A la verticale, due à la petite déformation de cet ultra grand angle, la courbe est plus compliquée à maintenir mais elle reste satisfaisante.Nous pouvons donc dire techniquement que cet objectif est excellent tant sur les lignes horizontales que verticales au niveau de la netteté. Quant à la résolution, elle est excellente sur les horizontales et bonnes sur les verticales. Et croyez-moi quand je vous dis que peu d’objectifs ont ce comportement et plus encore, lorsqu’il s’agit des objectifs grand angle. Vous pouvez chercher sur internet les courbes des autres objectifs grand angle et les comparer avec celles de l’Irix 11 mm.

En pratique, et comme vous pouvez le voir sur les photos de l’article, la netteté est très bonne même sur les rebords. Avec cet objectif, vous photographiez quasi vos pieds quand vous prenez une photo avec le plan en parallèle car ce n’est pas un objectif conventionnel de 35 ou 50 mm.

Si vous regardez cette photo par exemple, vous observerez l’excellente netteté sur l’image en général. Sur chaque recoin, les détails sont trés bien définis. 

Si nous observons bien les recadrages que nous avons marqués en rouge puis agrandis à 100%, nous observons une grande quantité de détails tant sur le côté inférieur que sur la zone plus en hauteur.

Photo prise en Castille et Léon, Espagne. 

Mais le test définitif est de pouvoir lire le manifeste de la Mairie du Carnaval de León qu’on a accroché au mur de l’hôtel de ville.

Qu’attendiez-vous, de le lire entièrement ?? Ce manifeste se voit flou, non seulement à cause de l’objectif mais aussi de l’appareil photo. Mais rendez-vous compte que l’ « Aviso Importante » (Avis important) se lit parfaitement malgré l’agrandissement de l’image. Et je crois qu’il sert d’exemple pour montrer la capacité de la résolution de l’Irix 11 mm.

 Aberrations chromatiques

Comme son frère le 15 mm, l’un des autres aspects qui se remarque le plus est qu‘il ne génère pas d’aberrations chromatiques, pas même dans les conditions les plus difficiles. Bien qu’au jour d’aujourd’hui avec le logiciel adéquat ces aberrations peuvent assez bien se corriger, cela reste toujours un problème. Il est bien mieux de ne pas avoir ces aberrations car je vais avoir plus de détails, de résolution d’image et de fidélité de couleurs, sans avoir à perdre de temps à corriger ces aberrations. Bien que cela peut rendre bien, il est mieux de ne pas les avoir dès la capture de la photo.

Sur cette photo du coucher du soleil, nous pouvons voir les « franges du parasol ». Leur position sur le côté et en contre-jour fait que la plupart des objectifs génère des bords de couleurs dont nous savons déjà que ce sont des aberrations chromatiques. Ces bords magenta et vert sont étonnament nuls dans les circonstances de la prise.

Je pourrais vous montrer plus d’exemples mais ce n’est pas nécessaire. De toute façon, vous pouvez revoir de nouveau la photo de la piscine de la Plaza del Agua de Cañaveral de León et observer le recadrage réalisé sur la partie supérieure. Vous remarquerez que les branches ne présentent aucune aberration chromatique.

Déformation géométrique 

Nous avons déjà parlé longuement de la faible et de la quasi absence de déformations géométriques. Au début de l’article, je vous ai mis un diagramme où se produit une légère courbe seulement sur quelques lignes verticales. En vérité, cela paraît magique car sur d’autres objectifs grand angle de qualité reconnue, il y a toujours des courbes sur les lignes. Et bien qu’il existe des profils d’objectifs pour les corriger ou des logiciels pour les diminuer et/ou corriger, nous aurons toujours un « recadrage de l’image » tout en perdant l’angle de vision, ce qui rend peu justifiable l’utilisation de l’objectif grand angle.

Comme nous l’avons dit auparavant, l’Irix 11 mm paraît magique sur cet aspect, mais ce n’est pas de la magie, sinon le savoir-faire des ingénieurs optiques suisses qui ont conçu un objectif exceptionnel.

Je ne vais pour l’instant mettre aucune photo en exemple étant donné que je vais analyser le vignettage et avec une seule image, je vous convaincrai du superbe travail qu’a réalisé Irix avec cet objectif.

 Vignettage

Il est presque impossible qu’un objectif avec ces caractéristiques-là ne produise pas un peu de vignettage. La construction optique qui me permet de « mettre » un si grand angle de vision dans une seule prise a quelques inconvénients. Cependant, on le remarque peu, notamment si on le compare avec d’autres objectifs grand angle.

Je vous montre maintenant une photo qui me sert à documenter sur le thème des déformations géométriques mais aussi le vignettage.

Cette photo a été prise délibérément au format vertical afin que nous puissions apprécier une courbe légère aux extrémités du toit de l’église San Pedro. En plus si nous nous fions bien, sur la première ligne des blocs de granit au sol, la courbe se distingue un peu mais elle existe bien.

Regardez bien les lignes qui constituent le portique ainsi que la propre porte. Dans ce cas-ci, elle a été prise à la verticale où l’on ne voit aucun type de déformation. Même au niveau des lignes de fuite qui composent les dalles du sol, on ne remarque aucune déformation. Il est clair qu’il faut que je redresse la photo, mais avant il faut que je redresse mes yeux et mon cerveau. J’essaie de le faire depuis des années mais je n’arrive pas à l’obtenir.

Vous pouvez remarquer qu’il y a un peu d’obscurité sur les recoins dû au léger vignettage que génère cet objectif. Comme vous pouvez le voir, les déformations géométriques et le vignettage sont quasi nuls.

Les ingénieurs d’Irix ont non seulement fait un bon travail optique sur ses objectifs mais ils ont aussi su le compléter avec quelques profils d’objectifs tant pour Lightroom que pour ACR permettant de corriger ces inconvénients basiques. Ainsi, après avoir appliqué ces profils sur LR, la photo devient parfaite… au moins « techniquement » car pour ce qui est « artistique », c’est à l’appréciation du photographe…

L’effet virgule

Nous avons déjà parlé dans cet article que d’un point de vue pratique, l’emploi de l’objectif Irix 11 mm f/4 est très pratique pour la photographie nocturne. Et encore plus si nous prenons en compte ce que nous appelons l’effet virgule.

Quelques-uns se demanderont ce qu’est « l’effet virgule », c’est très simple et je vais l’expliquer dans un instant. Quand nous photographions un ciel étoilé avec quelques objectifs, notamment des grands angles, avec l’intention de prendre les étoiles de forme ponctuelle, nous remarquons que ces points apparaissent comme des virgules. Cela veut dire que l’objectif déforme clairement les points (des petits cercles formés par les étoiles) et les transforme en virgules (des cercles également mais qui se prolongent d’une certaine manière).

Ce type d’effet a l’habitude de se former dans les coins des ciels étoilés et d’enlaidir le résultat. Et tous les objectifs présentent, dans une plus grande ou moyenne mesure, ces caractéristiques. Bien que ce soit un ultra grand angle, l’Irix 11 mm f/4 est l’un des objectifs qui produit le moins « d’effet virgule » et où les étoiles se voient comme des points.

Flares et scintillements

Pour tous les objectifs grand angle, le flare et les scintillements sont un sujet délicat, puisque le fait d’avoir un si grand angle de vision amène la lumière non désirée à entrer plus facilement lorsque nous photographons.

Cependant, les ingénieurs d’Irix ont fait de nouveau un travail extraordinaire pour retenir ces phénomèmes optiques malgré le grand angle de vision qu’englobent ces objectifs.

Ainsi par exemple sur ces photos de jour avec un éclairage direct du soleil, on apprécie à peine l’apparition de flares.

Avec le soleil frappant sur l’objectif, un flare assez évident apparaît sur la photo mais à partir du moment où je change le cadre de la prise de vue, cet effet a disparu.

Si on réalise la photo de nuit et que nous avons des lumières ponctuelles de grande intensité, nous devrons faire plus attention à ce que la lumière d’en face ne rentre pas trop afin qu’il y ait peu de flares.

Utilisation des filtres ND de gélatine Irix Edge

Nous avons déjà parlé dans d’autres articles de l’avantage d’utiliser des filtres gélatine Irix sur nos objectifs. Sur l’Irix 11 mm c’est encore plus intéressant étant donné qu’il n’existe pas encore de filtres à mettre devant ou des porte-filtres pour les utiliser avec des filtres typiques carrés.

En utilisant les filtres en gélatine d’Irix Edge, nous avons la solution à notre problème et en plus avec un minimum de dépense, nous obtenons de grands résultats.

Par exemple sur la photo ci-dessus, sous le port du Club Nautique de Nuevo Portil (Espagne), nous avons utilisé l’Irix 11 mm avec deux filtres en gélatine ND4, ce qui nous a permis de réduire de quatre stops l’entrée de la lumière, tout en prenant la photo à une vitesse au-dessus d’une seconde et demie. Nous avons donc obtenu cet effet velouté du Fleuve Piedras et insisté un peu plus sur le mouvement des nuages.

Conclusions

En définitif, l’objectif Irix 11 mm f/4 est un objectif surprenant, étant donné que c’est un objectif ultra grand angle sans déformation, avec tout ce que cela inclut. Il a une définition et une netteté enviable. Un système d’utilisation et de maniement qui fait que, bien qu’il reste un objectif de mise au point manuelle, ne suppose aucun inconvénient, et une utilisation extrêmement rapide (si nous utilisons l’hyperfocale à f/4, la photo sera instantanée avec tout bien mis au point).

Il faut rajouter d’autres caractéristiques qui font que l’Irix 11 mm f/4 est un bel investissement :

    • – La fente porte-filtres

– Le blocage de mise au point

– Le système de calibrage de l’objectif (que je n’ai jamais eu à utiliser)

– Etc, etc.

Enfin ce magnifique objectif utra grand angle à prix raisonnable et qui coûte au minimum la moitié du prix des autres objectifs offrant des caractéristiques similaires et même en surpassant l’Irix sur d’autres caractéristiques.

La marque Irix était présente au salon PhotoPlus Expo à New-York pour dévoiler ses nouveaux produits. Retrouvez-les dans notre article.

Texte original (traduit de l’espagnol) et photos : Alberto Bouzón

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Écrit par Rozenn Le Roux

Originaire de Bretagne, j’écris des guides touristiques à mes heures perdues. Mon appareil photo autour du cou, j’immortalise les scènes de la vie quotidienne et paysages du pays où je me trouve. Une passion que j’apprécie transmettre aux autres par des articles ou images.

2 Comments

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    • Bonjour Marcelle,

      Oui, l’Irix 11 mm f/4.0 est tout à fait compatible avec votre Nikon D-3200. Je me permets de vous indiquer la liste des accessoires compatibles avec votre modèle d’appareil, pour information (vous pouvez aussi la retrouver en effectuant une recherche d’accessoires compatibles depuis notre page d’accueil) : https://www.photo24.fr/accessoires-nikon-d3200

      Bonne journée

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