5 aspects indispensables dans la photographie de nu

5 aspects indispensables dans la photographie de nu

Tôt ou tard, tout photographe se dit « Arrêtons de tourner autour du pôt », c’est le moment de se lancer dans la photographie de nu. Car c’est un monde fascinant (qui n’est pas séduit par les photos d’Edward Wenton, de Howard Schatz ou de Jean-loup Sieff ? Ou encore par les images marquantes de Robert Mapplethorpe ?). Et un monde qui présente de sérieux défis, aussi bien au niveau de la composition que de la technique.

Il est pratiquement impossible de trouver la recette idéale pour pratiquer la photographie de nu mais ici, on essaiera de vous donner des trucs et de petits conseils pour réussir des travaux originaux et intéressants.

Photographie de nu

Photo de Dani Vottero, One Eyelend

Avant toute chose, il faut connaître clairement les limites et ce que l’on recherche : jusqu’où va l’aspect artistique et où commence autre chose. Pour vous, ce sera essentiel pour développer votre idée. Pour le/la modèle, cela lui permettra d’être plus à l’aise et de savoir dans quel « registre » il/elle doit s’exprimer. C’est fondamental de bien savoir ce que l’on veut montrer et ce que l’on ne veut pas montrer dans ce type de séances.

On va faire l’impasse sur la partie préalable au shooting, en partant du principe que vous avez déjà bien à l’esprit votre projet et que vous avez déjà sélectionné votre/vos modèle/s. Les aspects suivants sont extrêmement importants car c’est de ces derniers que dépendra l’organisation de la séance :

  • Éclairage : On a besoin d’un studio ? On choisit la lumière naturelle ?
  • Calculez les temps dont vous aurez besoin
  • Choix du lieu (studio, etc.)
  • Maquillage
  • Accessoires

Pour vous donner un exemple, j’utiliserai des photos du projet « Bodies », sélectionné pour les besoins du BeFree Marbella Gay Festival (Espagne).

Nus Dani Vottero

L’affiche du projet « Bodies », de Dani Vottero ©

Le projet est composé de deux « chapitres » ou de parties bien différenciées (Language nº1 y Language nº2) : le premier est un projet studio sur la plasticité des corps ; le second se démarque du premier en ajoutant des mouvement aux poses.

Language nº1 se caractérise par l’absence de mouvement, il présente des poses totalement statiques ou bien, à la rigueur, il indique où l’on perçoit qu’il pourrait y avoir un mouvement mais qui ne se concrétise pas, finalement.

Photographie de nu

Photo issue de « Bodies » (Language nº1), de Dani Vottero ©

Language nº2 intègre pleinement le mouvement, l’aspect statique est remplacé par des poses acrobatiques, où le modèle réalise des figures de cirque à l’aide d’un grand cerceau en fer. La représentation du mouvement dans la seconde partie défie la première.

Le nu en photographie

Dani Vottero ©.

Les couleurs du bodypainting sont celles du drapeau arc-en-ciel qui représente le collectif LGBT, qui enveloppe idéalement le corps et la personne en elle-même. Par ailleurs, elles ajoutent des détails qui enrichissent l’expérience visuelle du spectateur.

Je vais vous expliquer par la suite les aspects basiques sur lesquels je me suis appuyé pour réaliser la séance. Je vous le disais, la localisation, l’éclairage et la composition sont d’une importance capitale. Passons-les en revue :

Fond, Lumière et Éclairage : l’abc de la photographie de nu

Cela fait tout ou presque : contrôler l’éclairage, c’est essentiel dans la photographie de nu. Dans ce projet, on a opté pour un éclairage dur, qui provoquera de forts contrastes et qui marquera des lignes définies sur les corps. Comme vous pouvez le constater, on joue beaucoup sur les ombres, fruit de l’éclairage dur. Ce qui est fait exprès pour ne pas en montrer plus qu’il n’en faut. Et pour diriger encore plus l’attention du spectateur vers le corps en particulier, on a décidé d’éliminer toute distraction éventuelle dans l’arrière-plan, d’où l’utilisation d’un fond noir.

Toute la séance, les poses des modèles et la composition du cadre ont été conçues pour être réalisées avec 2 flashs studio et un réflecteur qui modifient un schéma d’éclairage basique :

  • Éclairage principal : fenêtre rectangulaire en position presque zénithale
  • Éclairage de remplissage : softbox rectangulaire

Photographie de nu

Dani Vottero ©

Localisation :  en studio ou en extérieurs ?

En l’occurrence, le besoin de contrôler parfaitement les ombres et lumières, ainsi que le type de fond choisi, dissipent le moindre doute sur l’endroit de la séance : ce projet a besoin d’un studio. Cela n’aurait aucun sens d’utiliser les localisations extérieures en prenant en compte où l’on aimerait arriver, bien que tout dépende du projet, bien entendu. D’autre part, il faut bien préciser que le studio doit disposer d’une grande hauteur : ici, la structure pour fixer le cerceau pour l’acrobate en toute sécurité, exige de 3,5 à 4 mètres de hauteur minimum.

Photos de nu

Dani Vottero ©

La composition est la clé

On vous l’a dit avant, les protagonistes de ce projet sont les lignes et l’effet de plasticité générés par les corps, aussi bien dans le chapitre 1 que dans le 2. La grande majorité des clichés suivent des patrons qui rappellent des figures géométriques pour transmettre une sensation statique et elles peuvent être immédiatement traitées par le spectateur, habitué à facilement reconnaître les patrons géométriques.

photo de Dani Vottero

Dani Vottero ©

À quel point est-ce qu’on veut montrer ?

Travailler sur des nus, cela ne signifie pas tout montrer pour tout montrer. On l’a survolé au début du post : il faut bien connaître la limite entre ce que l’on montre et ce que l’on ne montre pas. Le festival et ce projet, par extension, traitent de l’intégration du collectif LGBT dans la société : le message doit parvenir à toutes sortes de publics/d’individus, sans provoquer de polémiques inutiles : ne pas montrer les parties intimes, de ce point de vue-là, est un détail qui revêt encore plus d’importance mais est-il besoin de le préciser ? Autrement dit, la limite est ici bien claire.

5 aspects indispensables dans la photographie de nu

Dani Vottero ©.

L’équipement, c’est important

Pour réaliser cette séance, on a utilisé un objectif 24-70 mm, une optique fixe de 35 mm et un 70-200 mm. Comme toujours, les lentilles de qualité font toute la différence. Appareil : Nikon D750. D’autre part, on a également utilisé 2 flashs studio, ainsi que des softbox et des réflecteurs.

Vous avez besoin d’accessoires studio ? En voici une large sélection :

J’espère que ces conseils vous serviront d’inspiration pour vous lancer dans le monde merveilleux de la photographie de nu, où c’est chacun/e qui met ses limites avec sa propre créativité. Si vous avez des questions, vous pouvez nous en faire part ci-dessous ou sur les réseaux sociaux, comme toujours.

Photos et texte original : Dani Vottero

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Écrit par Sebastien Rampon

Originaire de région parisienne, je me suis familiarisé avec la photographie au cours des nombreux voyages et reportages effectués au cours de ma vie. Egalement cinéphile, j'aime par-dessus tout échanger et transmettre aux autres ma passion pour l'image.

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