7 conseils pour bien choisir votre micro

7 conseils pour bien choisir votre micro

Un élément qui donne une vraie valeur ajoutée à tout travail audiovisuel, c’est le son. Même à l’époque du cinéma muet, les films étaient accompagnés de mélodies jouées aux percussions, au piano ou avec d’autres instruments de musique. Mais si l’on part du principe -sans trop rendre de risques- que votre prochain projet ne sera pas un film muet, ce qu’il faut, pour être un/-e vrai/-e expert/-e en courts-métrages ou même en longs-métrages, c’est une bonne prise de son. Et là viennent les problèmes qui inspirent ce post : j’ai besoin d’un micro dynamique ou à condensateur ? Il vaut mieux utiliser un micro mono ou stéréo ? À griffe ? À perche ? À la main ? Bref, quel micro choisir ?

On vous donne ici les réponses à toutes ces questions en présentant tous les facteurs qui influencent une captation et une ambiance sonore correctes pour trouver l’équipement le plus adéquat pour chaque occasion.

7 conseils pour bien choisir votre micro

L’aspect sonore passe généralement inaperçu, comparé à l’impact visuel. Tout le mode sait choisir d’incroyables caméras, appareils photo et objectifs mais quand il s’agit de microphonie, il n’y a plus personne. Des vidéos au format de très grande résolution finissent pas être gâchés par un son horrible, aux dialogues mal reproduits et même avec des coupures de son suite à une post-production superflue. Comme l’affirme le dicton « une image vaut mille mots », de nombreux initiés -et d’autres moins initiés- s’attachent seulement à concentrer l’attention sur ce que l’on voit, sans se préoccuper de ce que l’on entend. À tort.

Mais vous éviterez cet écueil en choisissant correctement le meilleur micro pour votre projet. Ces conseils valent pour les prises vidéo mais ils peuvent peut-être s’appliquer à d’autres types de projets. Lisez attentivement ce qui suit, vous ne le regretterez pas.

1. Notez bien ce que vous voulez capter ou qui 

C’est le conseil le plus important à suivre. Vous devez d’abord connaître le concept de source sonore. En simplifiant, on considère comme source sonore tout élément qui génère des sons susceptibles d’être capturés. La voix d’un acteur, par exemple, sera une source sonore, au même titre que le son d’un camion qui passe à proximité. À chaque fois que vous travaillerez avec du son, vous devrez savoir de quelles sources sonores vous disposerez sur la scène ou la situation particulière. Et ce, pour savoir quelles sources sonores vous souhaitez, ce que vous voulez vraiment capter et en fin de compte, quelles sont les sources que vous utiliserez dans le projet final.

Identifiez bien vos sources sonores et combien de micros il vous faudra

Et le plus important : savoir pour quelle utilisation vous voudrez le micro pour bien le choisir. Pour enregistrer des voix ou bien pour qu’on entend la radio dans une scène ou encore pour le son environnant ? Il vous en faudra un ou plusieurs ? Quels sons est-ce que vous voulez écarter et lesquels vous voulez utiliser ?

2. Choisissez correctement la directivité

Il est essentiel d’avoir une compréhension basique de la terminologie existante pour un microphone. Si vous le savez, vous pourrez choisir plus facilement le micro le plus adéquat et l’une des parties les plus importantes, c’est de connaître le diagramme polaire du micro.

Par analogie avec une image, le diagramme polaire est la « distance focale » du son. C’est l’angle de captation estimé du micro selon le niveau, la direction, la fréquence et d’autres facteurs. En général, on en distingue trois types : omnidirectionnels, bidirectionnels et directionnels. Ces derniers sont les plus utilisés en production audiovisuelle.

Les micros omnidirectionnels répondent en capturant le son en provenance de toutes les directions, tandis que ceux à patron bidirectionnel captent le son frontal et arrière, grâce à une membrane qui vibre dans deux directions opposées. Parfait pour enregistrer le son environnant mais ils affichent progressivement leurs limites face à des micros plus précis dans leur directivité.

Patron polaire omnidirectionnel

Pour leur part, les micros directionnels ont des équivalences avec les objectifs d’appareils photo :

  • Le patron cardioïde équivaut à un grand angle. En forme de coeur (d’où le nom), il capte seulement la partie frontale, à 180º environ. Un exemple de cette microphonie, ce sont les micros à main, ainsi que les micro-cravates dans une moindre mesure.

Patron polaire cardioïde

  • Le patron supercardioïde permet une captation plus lointaine, à l’instar d’un téléobjectif, avec un angle de captation fermé à 180º, qui rejette les sons latéraux. Si vous cherchez à concentrer la captation sur la bouche d’un ou de plusieurs acteurs, c’est l’idéal. Cette disposition est caratéristique de nombreux micros à griffe voire à perche. Et il y a des modèles qui ferment encore plus l’angle de captation, ce sont les hypercardioïdes.

Patron polaire hypercardioïde

Si vous connaissez la directivité du microphone, vous pourrez capturer plus facilement le son de votre choix.

3. Vérifiez la sensibilité et le SPL

Sensibilité et SPL sont les deux faces d’une même pièce qui évoque les décibels ou le « volume » que peut capter votre micro. Pour faire vraiment simple, la sensibilité indique jusqu’à quel point le micro peut capter le son le plus bas. Plus le nombre le plus sensible du micro sera bas, plus le micro captera des sons « silencieux ». Le SPL est pour sa part le niveau de pression sonore et il s’oppose à la sensibilité : SPL indique en effet à quel point le micro peut capter le son le plus fort.

Micro Boya BY-PVM1000

Le Micro Boya BY-PVM1000 possède une sensibilité qui varie entre -33 et +1 dB

Ce facteur est important, tout spécialement lorsqu’on enregistre des scènes aux sons très tonitruants : un micro SPL acceptable capturera tous les détails d’une explosion, par exemple, tandis qu’un micro plus médiocre « coupera » le son pour ne garder qu’un bruit inapproprié. De la même façon, sur une scène avec des gens qui murmurent, on ne pourra pas écouter ce qui se dit si la sensibilité du micro n’est pas suffisamment basse.

4. Choisissez un micro avec une courbe de réponse correcte

Le micro pourra-t-il capter des sons graves ? Convient-il aux chanteurs à la voix aigüe ou bien de fréquence moyenne ? Vous devez vérifier si les spécifications du micro indiquent si celui-ci atteint bien l’intervalle de fréquences qui couvre votre scène mais le plus important est de savoir comment répond le micro à certaines fréquences.

Certains micros fonctionnent mieux que d’autres sur des fréquences proches de la voix humaine, tandis que d’autres parviennent à capter plus facilement les sons graves. Observez la courbe de réponse du microphone pour savoir pour quel son il est le plus indiqué.

Micro Gloxy GX-M20

Un micro qui présente des hausses de courbe sur les fréquences graves est idéal pour enregistrer des chocs, des sons de moteurs ou environnants. S’il présente une progression sur les fréquences moyennes-hautes, alors il sera tout indiqué pour enregistrer des voix, tandis que ceux spécialisés dans les aigus seront parfaits pour les sons métalliques et les bruits de verre, notamment.

Bien qu’il existe des micros à la réponse plate (sans progressions ni variations d’une fréquence à l’autre), le plus conseillé pour la vidéo est d’utiliser une courbe de réponse optimisée pour ce que vous recherchez, surtout pour l’enregistrement de voix.

Curva de frecuencia

La courbe de fréquence du Gloxy GX-M20 affiche une progression sur les fréquences moyennes-hautes, il captera donc mieux les voix humaines

Réponse sur la proximité

Saviez-vous que plus vous les approchez de la source audio, plus certains micros deviennent graves ? C’est surtout valable pour les micros à condensateur et dans une moindre mesure, pour les micros dynamiques. Tenez compte de cela car il se pourrait que vous obteniez de manière involontaire une voix qui s’entend différemment parce que vous vous serez trop rapproché (ou éloigné).

5. Observez bien le type de micro

En gros, un micro capture une source acoustique et la transforme en électricité. Il y a différentes façons d’y parvenir et ces différentes manières ont donné lieu à différents types de micros. Et en fonction de la finalité, de nombreux micros prennent des formes différentes. Vous devez choisir quel est le plus indiqué pour votre projet.

Micros selon leur conversion

Il existe de très nombreux micros mais on va distinguer deux types d’entre eux, puisqu’on s’intéresse toujours à la vidéo : les micros à condensateur et dynamiques. Le micro dynamique se branche directement sur le port d’entrée audio et ne requiert aucune source d’alimentation, tandis que les micros à condensateur ont besoin d’une alimentation externe, que ce soit des piles ou un câble (comme le Phantom +48 V). Chacun a ses avantages, de manière générale, mais on estime que ceux à condensateur offrent un meilleur gain mais comme ils utilisent plus d’électricité, ils peuvent apporter plus de bruit.

 

Micro Panasonic DMW-MS2

Ce micro est tout indiqué pour enregistrer des dialogues car il est superdirectionnel. Il est dynamique et ne requiert aucune source d’alimentation externe

Micros mono et stéréo

En règle générale, la plupart des micros actuels sont stéréo, aussi ce sont les plus conseillés pour la vidéo, même si le mono est très souvent utilisé pour isoler des événements. La principale différence, on la trouve dans les connexions avec l’appareil photo ou caméra : les connexions à 2 voies (mono) contre celles à 3 voies (stéréo, balance).

Bien que l’enregistrement monaural puisse généralement convenir, il se peut que vous vouliez faire un enregistrement avec des connexions stéréo, notamment parce que les connexions à 3 voies permettent de faire la balance du signal. Qu’est-ce que cela signifie ? Que le signal traité en stéréo permet d’écouter finalement un son avec moins d’interférences, avec moins de bruit en provenance de l’accessoire même ou d’ondes externes, même si votre objectif final peut être une prise de son mono.

Canon DM-100

Le Canon DM-100 permet d’alterner entre captation superdirectionnelle, mono et stéréo

L’idéal, ce serait d’utiliser des enregistrements en monaural pour les dialogues, que vous capturerez avec des micros très directionnels (surtout si le dialogue est éloigné) et les situations qui exigent d’isoler des sons, et capter le reste avec un micro stéréo, en traitant toujours les signaux avec des câbles qui permettent un son équilibré.

Micros selon l’utilité

Bien entendu, vous n’allez pas toujours vouloir utiliser certains micros, aussi adéquats soient-ils. Peut-être qu’il vous en faudra un plus discret voire un sans câbles. Vous devez examiner cet aspect et choisir la « forme » d’utilisation du micro.

Vous utiliserez ainsi un micro à main pour travailler comme un reporter, tandis que vous opterez pour un micro-cravate (généralement sans fil) si vous travaillez sur une émission télévisée. Si vous utilisez un appareil DSLR, vous aimerez utiliser un micro à griffe pour réaliser une captation et vous pourrez vous appuyer sur un micro à perche pour cet enregistrement.

6. Cherchez la caractéristique que vous utiliserez

Comme vous avez pu le constater, il y a de nombreux facteurs qu définissent un micro et ils sont faciles à comprendre. Mais le prix et la qualité ne doivent pas nécessairement aller de pair, dans la mesure où ils ne progressent pas au même rythme : parfois, les prix grimpent beaucoup pour vous offrir des performances à peine plus grandes.

7 conseils pour bien choisir votre micro : micro Rode Videomic Rycote

Lors de l’achat d’un micro, vous devrez vous poser la question suivante : vous allez vraiment exploiter cette qualité ? Peut-être que vous n’aurez jamais besoin de recourir à une certaine plage de fréquence large du micro ou bien vous ne vous en servirez que pour capter des sons graves ou encore en provenance d’une direction bien précise pour votre projet final. Sur la boutique, vous trouverez de nombreux microphones qui couvriront largement tous vos besoins, qu’il soient importants ou plus modestes.

7. Une fois votre décision prise, faites des tests

Bien qu’en théorie, on puisse conseiller judicieusement que faire dans une situation donnée, chaque environnement possède des qualités différentes. Après avoir choisi votre micro, il est important de vous rendre sur la scène où vous réaliserez le projet et la captation sonore pour y faire des tests. Peut-être que deux pièces avec les mêmes mesures captées avec le même micro dans la même position donnent un son différent, simplement du fait de la pression de l’air, pour les meubles qu’il peut y avoir et même les personnes qui peuvent se trouver à l’intérieur. La même chose se produit avec la captation de conversations, alors il est essentiel de tester le micro avant de réaliser les configurations requises.

7 conseils pour bien choisir votre micro

Vous l’avez vu, bien choisir son micro implique de nombreux facteurs à prendre en compte. Avec des notions de base sur leur fonctionnement, ce sera beaucoup plus simple de décider lequel acheter et de tendre vers des sons parfaitement enregistrés. Mais si malgré tout, vous avez encore des hésitations sur votre prochain achat, n’hésitez pas à nous en faire part dans les commentaires.

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Écrit par Sebastien Rampon

Originaire de région parisienne, je me suis familiarisé avec la photographie au cours des nombreux voyages et reportages effectués au cours de ma vie. Egalement cinéphile, j'aime par-dessus tout échanger et transmettre aux autres ma passion pour l'image.

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